(Illustration produite par l’IA)
Voyez-vous cette girafe qui voudrait se faire plus petite qu’un rat ? Et ce loubard qui aurait bien voulu ne faire qu’une bouchée d’un vieux bouc très malin ? Ce Duc si méprisant ? Cet épouvantail qui a peur sous le soleil ? Trois fables et un poème… tout à l’envers, si j’ose dire. Amusez-vous avec ce petit jeu des contraires qu’on appelle antonymes. L’effet est assez saisissant.
La grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf, une fable revue par Édith
Une girafe vit un rat qui lui sembla de petite taille. Elle qui n’était pas petite et qui était de surcroit parfaitement humble, baissa son long cou et se mit à quatre pattes. Elle essaya de se ratatiner pour égaler l’animal en petitesse.
La girafe dit :
— Regardez bien mon ami, est-ce assez ? Suis-je assez petite ? Comme vous ?
— Non, vous n’y êtes pas ! » répondit le rat.
La girafe s’affaissa encore en faisant le grand écart tant et si bien qu’elle ne put jamais se relever.
Le loup et l’agneau, une fable revue par Béatrice
La folie du plus faible n’est jamais la pire. Nous n’allons pas le démontrer demain, mais aujourd’hui.
Un vieux bélier se désaltérait dans le courant d’une onde polluée.
Un jeune loubard repu rôdait par là que l’ennui et l’envie d’en découdre en ces lieux attiraient.
— Que fais-tu là vieux bouc ? Tu me fais de l’ombrage ?
— Que nenni, jeunesse, je ne prends pas beaucoup de place. Et comme je me fais âgé bientôt tu auras tout loisir de prendre mon logis.
— Je n’ai pas l’intention d’attendre l’ancêtre. C’est maintenant qu’il me faut ton oseille. Un « tiens » vaut mieux que deux « tu l’auras ». C’est bien toi qui m’as appris ça. Donne-moi ta tune ou tu passeras de vie à trépas.
— Patiente, patiente mon fils chéri, pendant ce temps le magot grossit et tu t’enrichis. Tu pourras ensuite t’acheter le véhicule convoité. Cette moto aux chromes étincelants. Pour le moment je n’ai pas assez ».
Tout bien calculé, le petit con se tut, réajusta sa crête et mordit derechef dans son sandwich à la viande. Puis il tourna les talons. Le vieux bouc sourit. Pas peu fier de la leçon d’économie qu’il venait de donner.
Le corbeau et le renard, une fable revue par Monique
Jean, le sans-domicile fixe, assis sur l’asphalte n’avait rien dans son cabas,
Monsieur le Duc, le nez au vent trébucha et pensa : « Oh ! Je ne dis rien à ce pauvre hère, il sent mauvais et je ne le trouve pas beau ».
Et il passa son chemin… puis se retourna : « Je dis la vérité, son langage et son apparence en font le rebut de notre société ! »
À ces mots le SDF se sentit triste, pris son cabas et dit : « Monsieur le Duc, apprenez que tout être humain peut un jour ou l’autre, finir comme moi ! Pensez-y plus souvent ».
Le duc, toujours guilleret, partit sans plus écouter… pour quel avenir ?
Chansons pour les enfants, l’hiver, un poème revisité par Thérèse
Dans un jour d’été / Repose un petit homme noir
C’est un épouvantail/Avec un chapeau mou
Un petit épouvantail /Couché dans la chaleur
Il quitte le soleil /Vers plus d’obscurité
Il a très peur
Dans un château / Il entre en criant
Et pour s’abriter / Il monte sur le frigo
Doucement il apparait /Rien qu’avec son chapeau /À côté de la porte
Rien qu’avec son chapeau / Et sans sa pipe.

